Web 3.0 et Métavers: que se cachent-t-ils derrière ce nouveau monde des possibles ?

A l’occasion de la Vibration Week, l’enregistrement en live de 7 podcasts sur des thématiques de
communication interne aussi incontournables qu’inspirantes (dont vous pouvez retrouver les
replays ici: https://nouvellesvoix.com/vibration-week ), nous avons eu le plaisir d’accueillir Jérémy
Lamri, CEO de Tomorrow Theory et Sébastien Meunier, consultant nouveaux médias & storytelling
chez Medialab Factory, afin de comprendre ce qu’est réellement le Métavers et de mieux
appréhender les enjeux du Web 3.0.

Pour certains, le Métavers n’est qu’un terme confus employé par des geeks avertis ; pour d’autres, c’est bien la prochaine grande révolution technologique qui nous fera rentrer dans le web de demain. Ce qui est certain, c’est que tout le monde a entendu parler du Métavers et qu’il ne laisse personne indifférent. Mais de quoi s’agit-il exactement ? Que se cache-t-il derrière ce terme sur-employé, qui reste flou pour la plupart d’entre nous ? Et quel est l’enjeu de cette innovation technologique dans notre communication de demain ?

Essayons d’abord de vulgariser l’idée pour mieux en comprendre le sens, car ce qui se dit Métavers
aujourd’hui ne l’est pas encore tout à fait. Le Métavers peut donc se définir comme un espace
entièrement virtuel dans lequel des personnes interagissent à travers des avatars ou des
hologrammes à l’aide d’un équipement relativement basique mais pensé comme un vêtement
intelligent (lunettes en réalité augmentée, casque de réalité virtuelle, gants méta-haptiques) qui
permet de vivre des expériences concrètes.

A l’heure actuelle, ces expériences s’apparentent davantage à de la réalité virtuelle et/ou augmentée,
qui offrent une immersion en 3D dans des univers distincts les uns des autres, mais ce n’est plus
qu’une question d’années avant que le Métavers ne vienne bouleverser nos habitudes.

Le Web 3.0, dont le Métavers fait partie intégrante, a pour volonté principale de décentraliser les
usages et les technologies.

« Imaginons demain un Youtube qui appartiendrait à ses utilisateurs,
explique Jérémy Lamri, CEO de Tomorrow Theory, une agence d’innovation RH, et qui serait géré,
administré, développé par ses utilisateurs. 
» Si l’idée est séduisante et permet de prendre part à
cette révolution technologique plus seulement en tant que spectateur mais de s’y investir en tant
qu’acteur, le Métavers confère également beaucoup d’avantages aux entreprises qui s’y engagent
massivement.

En terme de communication d’abord, chaque entreprise pourra être libre d’avoir son propre espace
de réalité virtuelle en ligne, connectée avec ses clients et ne se limitera donc plus à communiquer
uniquement grâce à un réseau social. Imaginons également qu’en offrant des salles de réunion
connectées et immersives pour leurs salariés, les entreprises changeront radicalement leur façon de
penser le travail. Dans le secteur du e-commerce, par ailleurs, où les marques de prêt-à-porter
s’engagent de plus en plus, on peut envisager l’essayage d’un vêtement directement depuis le
Métavers d’une enseigne.

« Ce que vous faites en communication interne, vous pourrez le faire
mieux et différemment dans ces mondes virtuels. Tout cela va être un outil à votre service et à votre
envie de raconter des choses. Ce que vous ne pouviez pas faire dans la vraie vie, vous allez pouvoir
le proposer en expériences à vos collaborateurs en interne en l’adaptant. 
»

Sébastien
Meunier, consultant nouveaux médias & storytelling chez Medialab Factory.

Un monde des possibles extraordinaire et sans limites, certes, mais qui soulève des questions
éthiques face aux problématiques majeures auxquelles nous devons faire face.

« Si on cherche juste à créer un monde virtuel où l’on se sent mieux que dans le monde réel, c’est une fuite en avant. Et si ce monde virtuel ne cherche pas à résoudre les problèmes du monde réel, on ne fait que disperser
nos ressources alors que l’on a de sérieux problèmes dans le monde réel. »

explique Jérémy Lamri.

Le propos, aussi épineux qu’il n’est passionnant, suppose une réflexion commune et profonde sur
ce que nous voulons faire du Métavers et la façon dont nous souhaitons le voir évoluer. Un vaste
sujet donc, entre opportunités colossales, innovations spectaculaires mais aussi risques avérés de
troubles identitaires et de santé mentale. Sur cette problématique, de nombreux experts et
entreprises proposent déjà de mettre en place des lois et de nouvelles réglementations pour régir ce
monde virtuel partagé. Et si la question primordiale était en fait : dans quel monde intelligent souhaitons-nous vivre ?