Pour cet épisode, nous avons eu envie de parler de prises de paroles internes !

Pourquoi ? Parce qu'entre la remobilisation de la rentrée, et les voeux de fin de l'année, les dirigeants devront prendre la parole pour expliquer, présenter, faire le bilan, motiver....

Les équipes de Com' Internes peuvent elles aider leurs dirigeants à performer dans leurs prises de paroles ? OUi, et on vous dit comment !

Avec mon invité, Olivier Bettach, Coach de dirigeants, président de Next Level et Darwin, nous abordons dans ce podcast tout ce qui rend une prise de parole efficace, audible !

Au programme : 

  • Quels sont les impacts négatifs d'une mauvaises prise de parole pour les équipes ?
  • Quels sont les effets d'une prise de parole réussie et comment s'y préparer ?
  • Comment décrypter et corriger les défauts généralement observés (parler trop vite, être trop vague, être trop précis...) ?
  • Réponses dans cet épisode !

Comment rendre une prise de parole efficace ?

Olivier Bettach a parcours complètement atypique. Comédien dès son plus jeune âge, metteur en scène de théâtre, il a fait HEC pour devenir producteur et il est aujourd’hui coach de dirigeant. Il a créé Next Level et Darwin, deux sociétés de coaching et de prise de parole pour les dirigeants politiques, sportifs, de start-up.. Olivier nous livre les bons tips d'une prise de parole réussie.

Quelle est l’influence du contenu sur le leadership ? 

Pendant le Covid, les événements ont tous été stoppés. Les dirigeants ont alors pris conscience de l’importance des contenus. Le storytelling était déjà à la mode, et avec les Ted Talks on parlait aussi de rupture du 4ème mur, celui qui sépare l’intervenant du public. Les salariés n’avaient pas envie d’être infantilisés. Les dirigeants ont dû adopter une communication transparente.

En effet, le leadership, ce n’est pas prendre les gens en charge. Dans le mot leadership, il y a « lead » qui signifie piste en anglais. Un leader est celui qui a l’énergie pour aller d’un point A à un point B, ne se laisse pas abattre et obtient sa légitimité en maintenant un cap. 

La capacité à prévoir et à sécuriser les gens est très difficile en temps de pandémie. Mais lorsque le leader détient sa légitimité par son énergie, son optimisme, et sa capacité à donner des directions, son leadership résiste à l’imprévu, qui lui, est fondé sur des moteurs émotionnels et existentiels.

Quelles relations doit avoir un dirigeant avec ses employés ? Pourquoi parle-t-on de relation parent-enfant?

La psyché humaine est divisée en trois « moi » : le parent, l’adulte, et l’enfant. Le parent incarne les valeurs et les normes. Il correspond aux convictions. L’adulte est celui dont tous les fonctionnements internes permettent d’informer et de diffuser de l’information. L’enfant représente tous les mécanismes internes et externes qui permettent de satisfaire nos besoins personnels.

Ces trois « moi » bougent en permanence. Ainsi, lorsque je me positionne en « parent », l’autre est mis en posture d’enfant, parfois mal vécue.

Les collaborateurs ont-ils besoin de se mettre en position « enfant » ?

Seulement si le dirigeant prend une posture de « parent » positive et respecte la parole de l’autre. S’il impose, cela devient une relation de soumission. 

Là réside alors tout l'enjeu du management, être un « parent » positif  et non un « parent » qui punit et génère un mal être.

Quel doit-être le ton adopté ?

Lors de la prise de parole le ton est très important. Un ton d’énarque est perçu comme méprisant et celui d’un dirigeant stressé, génère un sentiment d’insécurité. Il en est de même avec ceux qui veulent aller contre leur personnalité. Cela ne passe pas.


Au contraire, lorsqu’un dirigeant est transparent, les salariés sont plus indulgents lorsqu’il se trouve face à un imprévu. Les entrepreneurs qui ont bâti leur entreprise en étant connectés à cet imprévu n’ont jamais eu de souci d’authenticité ou de leadership. Ainsi Emmanuel Faber, dont le moteur existentiel est la transformation de la société.

Comment rassurer ?

Nous avons trois besoins psychologiques importants, comme ceux de la pyramide de Maslow: la structure, la reconnaissance, la stimulation. La structure permet de se projeter à court, moyen et long terme.

La société est construite sur deux modèles. L’un est symbiotique, les uns prennent en charge des autres. Le second est autonome, on est ensemble, on partage les risques.

Certaines sociétés ont réussi à scaler et à passer en mode agile et autonome comme Google et Doctolib. Et de plus en plus, les individus recherchent de l’autonomie. On le voit avec le développement des freelances, les reconversions, le coaching. 

Même si le philosophe Hegel considère que plus on avance dans le temps, plus on va vers la liberté, globalement, l’organisation globale est plutôt symbiotique. Les gens ont besoin de cadre et l’entreprise libérée ne convient pas à tout le monde.

Quelles sont les clés pour se préparer à une prise de parole ?

Il faut avoir des idées claires, apporter une vision, travailler la forme et la posture et se sentir authentique par rapport au message que l’on souhaite faire passer.

Je conseille trois étapes: 

  1. Déterminer à qui je parle. 
  2. Qu’est-ce que je veux que le public retienne en moins de dix minutes ?
  3. Quel est le meilleur archétype à adopter pour diffuser ce message ? 

Il existe six archétypes : l’expert, le conteur, l’animateur, le général d’armée, le copain, le passionné. L’archétype est le rôle interprété par la personne qui correspond le mieux au message. Plus on sait se servir d’archétypes, et plus on est à l’aise à l’oral.

Comment gagner en confiance à l’oral ?

Le coach travaille sur les drivers. Les drivers sont des schématisations de voix dans notre esprit. Il en existe cinq : « soit parfait, dépêche-toi, fais plaisir, fais des efforts, soit fort ». 

L’idée est de trouver l’authenticité en identifiant la source d’inconfort.

Le moment clé

Pour se préparer au lâcher-prise, comme le comédien a son rideau rouge au théâtre, la personne qui prend la parole doit imaginer un rideau rouge invisible avant de se lancer. Avec une bonne préparation, tout se passe bien.